désamorçage de désamorçage

1973 : Gotlib nous fait guincher

aux sons du ‘Biaffrogalistan Desh’ ;

2002 : Axelle Red et Renaud nous dandinent

un ‘Manhattan-Kaboul’ d’enfer ;

2016 : François reçoit Mark …

Le Progrès est en marche.

Donc le Bien.

Le Mal recule.

Il y eut bien des tentatives, auparavant.

Comment les citer toutes ?

… Comme celle de cet écrivain, prix Nobel en 1921,

‘indexé’ par condamnation papale en 1922,

et que l’on a bien perdu de vue…

Sa chère Edmée mérite pourtant une relecture :

« […] Je tiens la pitié du riche envers le pauvre pour injurieuse et contraire à la fraternité humaine. Si vous voulez que je parle aux riches, je leur dirai : « Épargnez aux pauvres votre pitié : ils n’en ont que faire. Pourquoi la pitié, et non pas la justice ? Vous êtes en compte avec eux. Réglez le compte. Ce n’est pas une affaire de sentiment. C’est une affaire économique. Si ce que vous leur donnez gracieusement est pour prolonger leur pauvreté et votre richesse, ce don est inique et les larmes que vous y mêlerez ne le rendront pas équitable. […] Pourquoi voulez-vous que le riche agisse avec le pauvre autrement qu’avec les riches et les puissants ? Il leur paye ce qu’il leur doit, et, s’il ne leur doit rien, il ne leur paye rien. C’est la probité. S’il est probe, qu’il en fasse autant pour les pauvres. Et ne dites point que les riches ne doivent rien aux pauvres. Je ne crois pas qu’un seul riche le pense. C’est sur l’étendue de la dette que commencent les incertitudes. Et l’on n’est pas pressé d’en sortir. On aime mieux rester dans le vague. On sait qu’on doit. On ne sait pas ce qu’on doit, et l’on verse de temps en temps un petit acompte. Cela s’appelle la bienfaisance, et c’est avantageux. […] Est-il bon que la condition des pauvres soit supportable ? La pauvreté est indispensable à la richesse, la richesse est nécessaire à la pauvreté. Ces deux maux s’engendrent l’un l’autre et s’entretiennent l’un par l’autre. Il ne faut pas améliorer la condition des pauvres ; il faut la supprimer. Je n’induirai pas les riches en aumône, parce que leur aumône est empoisonnée, parce que l’aumône fait du bien à celui qui donne et du mal à celui qui reçoit, et parce qu’enfin, la richesse étant par elle-même dure et cruelle, il ne faut pas qu’elle revête l’apparence trompeuse de la douceur. Puisque vous voulez que je fasse un conte pour les riches, je leur dirai : « Vos pauvres sont vos chiens que vous nourrissez pour mordre. Les assistés font aux possédants une meute qui aboie aux prolétaires. […] »

Quærendo invenietis.